Le bronzage au Japon

On semble dès lors assister à un retournement de situation : alors que la mode d’autrefois était au teint très blanc, elle a évolué vers le bronzage à l’extrême pour copier les occidentales, or on observe aujourd’hui un « retour aux racines », sorte de revalorisation de la spécificité de la beauté japonaise.

On peut citer notamment l’existence d’une autre catégorie de jeunes filles aux caractéristiques significatives, les Shirogyaru / Ganjiro. Celles-ci font un maximum pour sauvegarder la blancheur de leur peau en évitant de se mettre au soleil par exemple, ainsi qu’en prenant soin de leur peau le plus possible : pour obtenir  un teint de porcelaine, les Japonaises ont leurs astuces, poudre o-shiroi (utilisé pour le maquillage des geisha/acteurs de kabuki), et recette de grand mère (déjections blanchissante de rossignol)

Désormais les Japonaises semblent assumer totalement leur identité de Japonaises et même la revendiquer haut et fort après avoir voulu s’identifier aux Occidentales par toutes sortes de pratiques barbares (UV à outrance, lentilles colorées, permanente blond platine, débridage des yeux…).

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Les jeunes et la mode

Les nouvelles générations japonaises utilisent le look vestimentaire comme un échappatoire. En effet, soumis au port de l’uniforme très strict pendant la semaine (jupe et chaussettes blanches pour les filles), les jeunes s’autorisent toutes les fantaisies pendant le week-end, tandis que les jeunes cadres se reposent de leurs horaires de travail insoutenables en s’amusant et en provoquant par leurs tenues délirantes…. Le phénomène en est à un point tel que de véritables clans se sont formés. On ne parlera ici que des jeunes filles restent les plus concernées par le mouvement.

 

Kogyaru ou gyaru (コギャル、ギャル aussi orthographié (ko)gal ou (ko)girl) est le terme générique pour désigner ce qui sont en fait des sous cultures, c’est à dire des groupes de filles et de jeunes femmes dans les villes japonaises. Généralement une kogyaru est une jeune fille de 12 à 25 ans, aux cheveux décolorés (souvent en blond), au teint artificiellement bronzé, portant minijupes, vêtements à la mode et accessoires tape-à-l’œil. « Kogyaryu » (les « gyaru » lycéennes) est en fait une sous-catégorie des gyaru. Par un look plus ou moins excentrique et original, elles entendent défier les règles conventionnelles japonaises. Les Kogyaru veulent avoir l’air jeunes.

Ces jeunes filles portent des Loose Socks avec leur uniforme : elles se baladent quasiment toute l’année en uniforme d’écolière accompagnée de leurs grandes chaussettes (90 cm -120 cm) que l’on plisse sur les mollets. Bien que portant des uniformes, elles aiment les détourner, portant par exemple des T-shirts tellement longs qu’ils descendent plus bas que la robe d’écolière.

 

 

 

On peut néanmoins distinguer plusieurs sous-groupes plus distincts et parfois extrêmement différents dont nous ne citerons que les plus importants  car ils sont nombreux :

 

- les Ganguro ou Gonguro

Les Ganguro sont des Kogyaru au style poussé à l’extrême… « Gan » signifie Visage (« Gon » signifie «plus ) et « Goro » veut dire noir : elles ont le teint bronzé à l’extrême grâce aux UV, et les cheveux décolorés : cette mode consiste donc à avoir l’air d’une star RnB américaine en ayant la peau la plus bronzée possible … Comme leur modèle Lauryn Hill ! Pour ces raisons elles fréquentent les salons de bronzage artificiel, se maquillent la face avec du fond de teint brun…

 

Question mode vestimentaire, elles sont exactement identiques aux kogaru, mais peut être un peu moins lolitas. Elles utilisent aussi des lentilles de couleurs, et la couleur blonde pour les cheveux, issu du look californien « Beach Bunny » (plutôt un stéréotype qu’une mode). Et pour les plus riches, elles iront jusqu’à changer leur chevelure japonaise, en une coiffure « afuro » (comprendre afro), ce qui n’est pas une mince affaire puisque ça prend une demi-journée et coûte l’équivalent de 300 euros… Pour les plus célèbres, on peut citer Ayumi Hamasaki, chanteuse japonaise et Namie Amuro.

- .les  Yamambas

Commençant par les cheveux clairs et l’extrême bronzage de la ganguro, la yamanba s’ajoute du rouge à lèvres blanc, du maquillage blanc autour de l’œil : elles se fardent à l’extrême pour ressembler aux Sorcières du Mont Fuyi (une légende) et faire peur ! Le style vestimentaire des Yamambas est plutôt de l’ordre de l’excentricité absolue en tout genre avec des tenues sont très colorées, et de nombreux accessoires, de préférence de couleurs flashies. Leur chevelure est décolorée de manière extrême, blanche ou argentée pour la plupart.

 

 

 

Mais rappelons que ce style reste assez marginal et sous forme de provocation extrême…

 

 

les Sweet Lolitas

Tout est fait dans ce style pour marquer un retour à l’enfance. Ton pastel des couleurs rose, blanche, bleue, dentelle, jupe, accessoire enfantin comme la peluche, anglaise pour la coiffure… Pour résumé les sweet lolitas ressemblent à des poupées et adoptent avec joie le style kawaii (cf. III – 2).

 

- les Gothic Lolitas

Au Japon, le style Gothic Lolita est assez différent de la vision que nous en avons en Europe… Il s’agit en quelque sorte du style des sweet lolitas mais en noir ou en blanc ! Elles portent des robes à dentelle, bouffantes, à plusieurs épaisseurs, portés avec des jupons ou des tabliers en dentelle, quelquefois des voiles, sans oublier les mitaines, les chapeaux en dentelle plissée et portent souvent des ombrelles … Bref ce n’est pas le style gothique européen considéré vulgairement comme le style « famille Adams », mais une allure peu être plus sophistiquée aux airs de style victorien … Les Japonaises jouent également beaucoup sur le maquillage et la coiffure : elles auront alors des coiffures très déjantées et des yeux charbonneux qui ressortent sur un teint porcelaine.

 

 

 

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Culte de la mode

Les Japonaises ont toujours été très concernées par leur apparence(bronzage, blanchiment dentaire etc) et sont aujourd’hui plus que jamais fortement attirées par la mode. Les jeunes filles notamment sont les premières à suivre les tendances qui se succèdent au fil des ans ; car la mode évolue vite et il faut être initiée pour savoir ce qui est encore d’actualité ou pas. Le style hawaïen au teint bronzé par exemple, qui a fait fureur en 2000-2001 tend à disparaître :

 

 

2002 a vu l’apparition du style cow-boys, et en 2003 la mode est revenue à des valeurs plus sages. Pourtant les excentricités persistent et la mode devient un véritable phénomène de société.

 

Ces femmes et ces jeunes filles au style si particulier, que l’on voit dans les magazines occidentaux comme caricatures des « Japonaises » telles qu’elles sont perçues aujourd’hui, ne sont pas représentantes de la totalité de la population féminine au Japon, loin de là, mais le phénomène reste bel et bien présent de façon plus ou moins accentué.

Car dans les mentalités des jeunes générations aujourd’hui, être à la mode et donc se sentir belle, c’est suivre les tendances, mais c’est aussi porter des produits de marque de façon ostensible, le but étant que cela se voit.

Or au Japon, 90% de la population se dit appartenir à la classe moyenne : qui dit homogénéité des classes sociales dit homogénéité dans les pratiques de consommation. Ainsi même les familles les moins aisées économisent pour acheter des produits de marque.

Les marques de luxe, qui représentent en fait une garantie de qualité, attirent ainsi toutes les tranches de la population. Même les plus jeunes « collectionnent » les objets des grandes marques. Eimi, jeune Japonaise, témoigne ainsi : « J’ai maintenant 19 ans et j’ai eu mon premier sac à main de marque quand j’avais 12 ans. C’était un sac à main Burberrys, un cadeau de ma famille. J’ai commencé à collectionner les objets de grandes marques depuis que j’ai 13 ans. »

L’exemple le plus frappant de ce phénomène est la marque Louis Vuitton dont le logo et les sacs sont connus dans le monde entier. La gamme « Monogram » , la plus célèbre et celle qui fait le succès de la marque depuis 1896, est celle qui a leur préférence.

 

 

Mais si les Japonaises sont fans de marques de luxe, elles sont également capables de faire preuve de beaucoup d’imagination quant à leur tenue vestimentaire, et c’est peut être là que se trouve l’une des plus grandes spécificités de la beauté japonaise aujourd’hui : être belle, c’est être la plus originale possible…

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Bouleversement des standards

Les Japonaises d’aujourd’hui prennent toujours autant soin d’elles mêmes, mais si l’on en croit ce que l’on voit dans les rues, les critères de beauté semblent avoir bien changé et le temps des geishas parait désormais bien lointain. Si la blancheur est parfois remplacée par le bronzage, plus « tendance », elles veulent toujours un teint zéro défaut car garder une peau impeccable reste un impératif pour la Japonaise. «En moyenne, elles dépensent 300 € par mois en produits et passent environ une heure chaque matin devant leur miroir», affirme Nathalie Omori, fondatrice du site Parissmooz.com, consacré au marché nippon.

 

Si les Japonaises restent très attachées au maquillage et aux soins du visage, elles vont pouvoir laisser libre cours à leur créativité au niveau vestimentaire. Par la mode, elles veulent se libérer du « cliché » de la geisha en kimono, image de la femme devenue obsolète dans une société japonaise en pleine mutation.

En effet le statut de la femme dans la société japonaise connaît une évolution lente mais constante : selon une enquête de la sociologue Iwao Sumiko de 1990, 50 à 59% des Japonaises estiment que la situation de femme, épouse et mère de famille s’est améliorée depuis les années 70. Sans compter que de plus en plus de femmes occupent un emploi, ce qui leur procure une stabilité et une sécurité non négligeables.

C’est donc par la transformation du pays et de la société japonaise que semble s’opérer la transformation de la femme et de ses désirs. Les Japonaises sont désormais prêtes à se désinhiber (du moins en partie) et à s’offrir de petits plaisirs voire à se permettre des folies pour s’occuper d’elles…

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Tradition et beauté classique

Nous avons tous en tête une image de la beauté japonaise traditionnelle : le teint laiteux, presque blanc, les lèvres très rouges et les cheveux noirs tirés en chignon à la manière des geishas. De fait, les Japonaises ont toujours voué un véritable culte à la beauté en soignant beaucoup leur apparence.

C’est à partir du Xè siècle, à l’époque Heian, que les femmes commencent à se farder le visage en blanc, symbolisant la pureté et la distinction aristocratique, s’opposant ainsi aux visages bronzés des femmes du peuple qui travaillaient dans les champs, de même qu’elles se rasent les sourcils pour mieux se les redessiner haut sur le front.« C’est à cette époque, selon Dominique Buisson, auteur du Corps japonais, quand les familles aristocratiques sont au pouvoir, que les codes de beauté se définissent pour les siècles à venir.»

 

Les geishas, suivant des rituels très codifiés, vont se faire les dignes représentantes de cette beauté classique, devenue si célèbre en Occident. Depuis le maquillage jusqu’à l’art de porter le kimono, elles vont maîtriser à la perfection « l’art d’être belle » tel que le concevaient alors les Japonais. Il ne reste malheureusement aujourd’hui que 3000 à 5000 geishas, à Kyoto principalement ; on peut dès lors se demander si elles ne seraient pas en passe d’être détrônées par les « nouvelles beautés » japonaises.

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